Franck Zordan, dirigeant de l'agence Ouverture à Pau et du coworking La Coloc, en portrait professionnel avec chemise noire et fond jaune vif.
Franck Zordan
Président de Z-CONSULT
Fondateur de tertio.immo

Au printemps 2020, les immeubles de bureaux se sont vidés en quelques jours.

Pas progressivement, pas à la faveur d'une tendance de fond qu'on aurait pu anticiper — d'un coup, par décret. Des millions de mètres carrés de surfaces professionnelles se sont retrouvés déserts du jour au lendemain, pendant que leurs locataires organisaient leur survie sur des tables de cuisine, et que leurs propriétaires regardaient la situation avec une inquiétude qu'ils peinaient à formuler.

J'avais des projets d'investissement dans l'immobilier d'entreprise avant le Covid. Des bureaux, des locaux d'activité, quelques réflexions sur le coworking qui commençait à peser dans les grandes villes. Le confinement a tout suspendu. Pas seulement les projets — la réflexion entière sur laquelle ils reposaient. Est-ce que les entreprises allaient continuer à louer autant ? Est-ce que les baux signés tenaient la route dans ce nouveau contexte ? Est-ce que le retour au bureau aurait lieu — et si oui, dans quelle forme ?

Ces questions n'avaient pas de réponses claires au printemps 2020. Elles n'en ont pas toutes aujourd'hui non plus.

Pendant les mois qui ont suivi, j'ai passé beaucoup de temps à regarder ce qui se passait. À lire les communiqués des grandes foncières, les études des brokers, les témoignages d'investisseurs qui se retrouvaient avec des actifs dont ils ne savaient plus très bien évaluer la valeur. À suivre les entreprises qui tentaient, comme elles pouvaient, d'inventer une nouvelle organisation du travail avec des outils qu'elles n'avaient jamais vraiment pris au sérieux. À écouter des collaborateurs qui découvraient le télétravail — certains avec soulagement, d'autres avec un sentiment d'isolement qu'ils n'avaient pas anticipé.

Ce qui m'a frappé dans tout ça, c'est à quel point l'information était fragmentée. Les investisseurs avaient leurs canaux — des publications spécialisées souvent hermétiques au commun des mortels. Les entreprises naviguaient à vue, avec des consultants RH et des prestataires coworking qui leur vendaient chacun leur solution. Les travailleurs se débrouillaient. Et personne, ou presque, ne regardait l'ensemble du tableau — le marché immobilier, les nouvelles façons de travailler, les espaces hybrides, le droit des baux, les arbitrages économiques des entreprises — comme un seul et même phénomène.


tertio.immo est né de cette frustration.

Je ne suis pas promoteur immobilier, ni directeur immobilier d'une grande entreprise. Je suis autodidacte — quelqu'un qui s'est formé par curiosité sur ces sujets, qui a fait des erreurs dans sa compréhension du marché, et qui a appris beaucoup en les corrigeant. Ce site n'a pas la prétention d'être une revue professionnelle réservée aux initiés. Il a la prétention d'être utile — aux dirigeants qui cherchent des bureaux, aux investisseurs qui veulent comprendre un marché en mutation, aux professionnels RH qui construisent une politique immobilière pour leurs équipes, aux curieux qui veulent simplement comprendre comment le monde du travail se reconfigure dans ses dimensions les plus concrètes.

Le contenu que vous lisez ici est produit avec rigueur. Les données sont sourcées. Les analyses sont les miennes — discutables, et j'assume qu'elles le soient. Les interviews sont des conversations réelles avec des gens qui font ce métier. Il n'y a pas d'annonces immobilières sur ce site, pas de partenariats commerciaux qui orientent les prises de position, pas de rubrique "sponsored content" déguisée en article.


Le nom tertio — le troisième, en latin — renvoie à ce qu'on appelle le tertiaire : les activités de service, les bureaux, tout ce qui n'est ni agriculture ni industrie mais qui représente aujourd'hui la grande majorité de l'emploi et de l'immobilier professionnel en France. C'est aussi, à sa manière, un rappel que quelque chose s'est passé — que le Covid a constitué une rupture, et que nous en sommes, collectivement, à construire ce qui vient après.

Ce site essaie de couvrir cet après honnêtement.